La rue en a ras-le-cul

Mario Roy, « chroniqueur » à La Presse, a écrit ce texte, le 30 juin dernier, au sujet de la contestation mais surtout au sujet de la casse qui a eu lieu dans le cadre des sommets du G20 et du G8.

Voici le courriel que je lui ai envoyé :

Bonjour Monsieur Roy,

En lisant votre article du 30 juin dernier, je me suis senti démuni.

Je suis ce qu’on pourrait qualifier de « jeune professionnel dans la mi-vingtaine ». Je travaille actuellement dans le domaine de l’édition, et je suis sorti de l’université il y a trois ans.

Je me suis senti démuni car j’ai milité au début des années deux milles, dans la tourmente de la contestation contre la ZLÉA et de la guerre en Irak. Le fait est que sur certains points, vous avez raison. La casse, dans l’état où nous la connaissons actuellement, ne sert absolument à rien. Elle va même souvent à l’encontre des objectifs contestataires.

Je me suis senti démuni parce que je suis contre la casse, mais que j’ai l’impression que mes options pour changer les choses en tant que citoyens sont de véritables coups d’épées dans l’eau. Je me suis impliqué en politique pendant cinq ans, et j’ai été dégoûté par l’arrivisme des politiciens et l’univers parallèle dans lequel ils vivent. J’ai fait parti de groupes de pressions, mais on se rend vite compte que la majorité des groupes sont en compétition les uns avec les autres dans des luttes corporatistes qui visent à récolter le plus de membership possible. Sans compter que les médias et le gouvernement n’accordent qu’une importante négligeable à ce genre de groupe, lorsqu’ils ne perturbent pas l’ordre public.

Comme citoyen québécois, je suis devant le fait accompli que je ne vivrai jamais dans le Québec dont je rêve. Mon Québec ne sera pas indépendant, ni plus humain, ni plus empathique envers les démunis et ne fera jamais passer l’Homme avant l’argent.

Mon Québec, c’est le Québec de Norbourg, de BCIA, du manque d’éducation moyen nié, de la dictature électorale des régions, de la montée de la droite, des médias qui cherchent à « toucher » le plus grand nombre en se faisant les « portes-voix » d’une opinion publique niaise et grégaire.

Nous vivons dans un pays qui refusera, par tous les moyens possibles,  ne serait-ce que de réformer la manière dont nous pratiquons le capitalisme. Je peux donc très bien comprendre que les gens qui veulent vivre autrement dans leur pays puisse être très en colère devant le cul de sac qui se dresse devant eux.

Nous ne sommes peut-être pas affamés, ni pauvres, ni malades, mais nous sommes désespérés idéologiquement.

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