Voici l’invitation officielle au lancement de Sens uniques! Au plaisir de vous y voir en grand nombre!
Vous pouvez confirmer votre présence ici.
Quand : Lundi 25 janvier à partir de 19h
Où : Bistro Vices et Versa (6631, boulevardSaint‐Laurent)
Voici l’invitation officielle au lancement de Sens uniques! Au plaisir de vous y voir en grand nombre!
Vous pouvez confirmer votre présence ici.
Quand : Lundi 25 janvier à partir de 19h
Où : Bistro Vices et Versa (6631, boulevardSaint‐Laurent)
Beau grand petit film, qui influença les créateurs de 12 singes :
En parlant de différence entre utopie et dystopie… À la frontière entre photo-roman et cinéma, La Jetée parle de la mince ligne qui sépare passé et avenir.
Dans le sixième numéro de la prometteuse revue de bande dessinée Trip, dirigée par Stanley Wany, une question était posée à plusieurs acteurs du milieu de la BD québécoise : Pourquoi faites-vous de la BD? Je me permets de répondre à la question (certains diront peut-être que c’est prétentieux, mais je me donne le droit quand même. Au diable.) :
« Le génie n’est que l’enfance retrouvée à volonté », disait Baudelaire.
Je fais de la BD parce que c’est un médium génial. Sans me faire retomber systématiquement en enfance, « l’économie » de la BD me permet de parler de manière différente. Comme un enfant mais sans vraiment l’être. Le fait d’écrire et de montrer quelque chose pour en dire une autre donne naissance à une voix narrative différente, berçante et étrangement honnête. Utiliser toutes ces cases, cette mécanique narrative, et passer alors un accord tacite avec le lecteur (je n’aime pas l’expression « contrat de lecture ») est un geste créatif qui cèle une complicité forte entre le récit, le lecteur et l’auteurs.
La BD est un jeu pour moi. Un jeu en tant qu’espace, joint, ensemble, joute entre deux personnes. C’est pourquoi je ne dessinerai jamais.
Voici la couverture finale de Sens Uniques, recueil de nouvelles qui doit paraître aux éditions de Ta Mère le 25 janvier prochain. C’est beau, hein? :
Une culture forgée à grands coups de récits critiques de l’air industriel, de la société de consommation et de la bourgeoisie capitaliste peut-elle vraiment pousser la critique sans réécrire la même chose, et sans basculer vers le programme politique, ou le roman à thèse?
Je me surprends à penser ses univers dystopiques comme des utopies. J’écris.
Je commence prochainement la lecture de Player Piano, de Vonnegut (merci Stéphane), ainsi que de Crash, de James Graham Ballard. Je vous en redonne des nouvelles.
Arrivé dans une mer de monde. Du beige, du brun, du rouge. Des voiles, des chales, des crânes. Partout.
Apprivoisé laborieusement la chair humaine depuis mon premier voyage ici. Malgré les allées défrichées du monde corporatif, le contact permanent des corps m’a sauté au visage comme une bête féroce inconnue.
Les rues sont vides, à la maison. Il n’y a plus de problème de stationnement, à la maison.
Écouté Chrsitian Bobin parler de l’écriture. Trouvé ça un peu convenu, mais agréable à entendre, réconfortant.
L’écriture pour moi, c’est prendre le métro. Marcher dix, vingt, trente minutes à la recherche d’une station. On le voit rapidement, ce cercle qui entoure une flèche pointant vers la terre.
Et, on s’y engouffre. Littéralement. On descend vers la bouche. Dans la bouche. Elle nous mange, et nous transporte à travers le sous-terrain.
En bas, on fait des liens. On embarque dans un wagon où la moitié des néons sont brisés. Les lumières toujours fonctionnelles sursautent au gré du courant de plus en plus rare. Il y a des gens, mais personne ne se regarde vraiment. On a les yeux perdus dans le reflet de l’absence.
Parfois, le train tombe en panne. Si on est chanceux, une barre de fer trainant par là nous permet d’ouvrir péniblement une porte. On descend et on marche en silence, tranquillement, vers l’autre station. Il faut faire attention; la cendre sur laquelle on marche peut nous étouffer, si nos mouvements sont trop brusques.
À quel point tout cela n’est qu’une amorce?
À force de bricoler on oubli qui on est.
On se transforme en plan, en projet, en appréhension d’un aboutissement silencieux, parfait.
Et on frappe, on frappe, on frappe sur le clous.
Allé voir Avatar 3d hier.
Image intéressante : le public se met des lunettes afin de vivre de manière plus réaliste une histoire où des humains se branchent sur des extraterrestres à forme humanoïde afin de vivre de manière plus réaliste la vie des extraterrestres…
Très bon article au sujet du « complexe de l’élu » répété dans plusieurs films de science-fiction sur Gawker. Cette analyse du film fait la lumière sur l’habitude qu’ont les « blancs » (lire caucasiens/occidentaux) de faire des films où un homme blanc devient le sauveur d’une autre race, dans un élan de culpabilité post-colonial. C’est vrai. On peut analyser Avatar de cette manière. La chose qui m’agasse dans cet article est que l’auteur élabore sa réflexion dans une optique de conflit entre noir et blanc. Le titre de l’article est évocateur : « When will white people stop making movies like « avatar »? »
Le scénario d’Avatar est certainement marqué par un complexe de culpabilité occidental envers les premières nations, c’est manifeste. Ce réflexe un peu primaire de vouloir devenir le sauveur d’un peuple menacé est peut-être symptomatique d’une société qui ne sait plus comment vivre avec ce complexe, avec cette certitude qu’elle a commis l’irréparable.
Mais on peut aussi pousser l’analyse plus loin. Si, au-delà d’une dualité de race, notre complexe de culpabilité en était un dirigé directement vers notre espèce? C’est-à-dire la race humaine? Il est en effet possible de considérer Avatar comme un film faisant l’éloge de l’inhumain. La nature humaine y est dépeinte comme un abîme de souffrance où la corruption et l’avarice règnent en maîtres, et où les impératifs économiques priment sur la morale et/ou l’éthique. Le complexe de culpabilité à la base du scénario d’Avatar est donc peut-être bien plus profond; on aimerait bien devenir autre chose…
Alors on se met des lunettes 3d, pour se mettre dans la peau d’un humain qui devient inhumain.
Avatar n’est pas un grand film, mais c’est un bon divertissement d’où pointe un malaise profond plutôt intéressant.